Cafés

Rires, lattes et confidences

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Je suis assise au café du coin.  Le soleil est chaud, la rue est pleine.  Je suis assise face à la fenêtre qui donne sur la terrasse.  Deux filles, deux amies, sont assises dehors.  Elles ont chacune ce que moi j’appelle un « café dessert » et partage un gâteau au fromage.  Le comble du calorique tout ça…  Elles rient.  Elles discutent probablement de ce dont toutes les amies assises autour d’un café parlent : un homme.  J’en ai, moi aussi, des amies avec qui j’aime parler des  hommes.  Par contre, je ne pourrais plus partager ce gâteau.  Mes amies le savent et ne me l’offre plus.  Quelque chose d’aussi simple, je suis incapable de le faire.  On se dit: « ce n’est pas grave, prends juste un café écrémé ».  Mais oui en fait, c’est grave!

Et triste…

Parce que ce n’est plus un choix.

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Le monstre

Pourquoi cette métaphore?

Vous êtes plusieurs à m’écrire à propos du MONSTRE.  Pourquoi cette image? Pourquoi utiliser la troisième personne?

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Je vous partage mon secret…

Le monstre.

Il existe.

Lorsque l’on souffre d’un TCA, on a l’impression que la maladie est une entité à part entière, qu’elle a emprise sur nous.  Lors de crises, on n’existe plus.  « L’autre » prend la place, le dessus, agit.  Cela s’apparente à la sensation d’être grisé, en dehors de son corps. Et puis on l’entend aussi « l’autre », à travers nos pensées.  On est influencé, poussé à l’excès.

Je vous arrête tout de suite.  Cela n’a rien à voir avec un dédoublement de personnalité, bien que plusieurs amis du monstre le redoutent.  Cette sensation est typique et particulière aux victimes de troubles alimentaires.

D’ailleurs, cela vous paraîtra étonnant mais, en thérapie, on demande souvent de le prénommer, le trouble.  Lors d’un groupe de soutien, on m’a aussi amenée à le dessiner afin de m’y adresser, de lui dire ma façon de penser.

Ok!

Je vous entends rigoler!

Faut vivre pour saisir.

En résumé, nous partageons donc notre quotidien avec un ami.  Il est pénible, sournois et a une horrible influence sur nous.  Il est mesquin, embarrassant et nous vole de précieuses années.

Bon d’accord…

Il est tout sauf amical mon copain mais, jusqu’à preuve du contraire, je suis prise avec lui.

Alors, autant lui donner un petit nom.