Le temps qui pèse

Trouble alimentaire – La vie, à 100 miles à l’heure

Vous êtes beaucoup à m’écrire.  Vous me touchez, me faites réfléchir.  Vous me parlez de comportements, mais aussi d’urgence.  L’urgence d’agir,  de réagir.

Vivre un trouble alimentaire.

Vivre à 100 miles à l’heure.

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J’ai lu beaucoup dernièrement…  Sur les TCA, sur mes démons et moi.  On dit que ma perception du temps est altérée par le passé. La vie qui abîme, les expériences qui laissent des marques.  Ce temps qui file…  Je n’en ai pas la même compréhension que les gens ordinaires.

Je me dis extraordinaire!

On me dit blessée.

On me dit malade.

On dit donc que je ne perçois pas le temps comme la majorité.  Je reste troublée.  Cette perception erronée serait celle d’une fillette fragile qui ne m’est pas inconnue.

Une perception enfantine du temps…

Dit-on.

Comme un enfant qui attend sa mère sans différencier une heure d’une journée, d’une semaine.  Je ne peux attendre.  Je vis dans l’anxiété.  Tout me semble long et lointain.

Sans fin…

Vraiment?

Cela semble dramatique.

La blague…  Ne vous méprenez pas, ce n’est pas une question d’intelligence.  Je sais différencier 5 ou 10 minutes.

Par contre, mon analyse est différente, altérée par cette perception dite enfantine.  Cela me laisse une impression éternelle des sentiments, des émotions et me ramène inévitablement au « tout ou rien » qui caractérisent si bien les troubles alimentaires.  Maintenant ou jamais!

Aujourd’hui devient toujours…

Demain devient désastre.

Le temps.

La peur.

La peur de répéter à jamais les mêmes comportements.  La peur de perdre le contrôle, jour après jour.  Aujourd’hui, dans une heure, demain.  Une éternité.

Le temps.

Qui brûle ou accumule les calories.

Les jours de crises, demain paraît si loin.  Il n’est qu’une heure…  Du même coup, lorsque je songe au lendemain, je vois déjà les grammes accumulés.  Je les sens, je les touche des doigts.  Alors pour compenser, je compte les jours et les repas.  Je distribue les calories sur cette ligne du temps que je suis et scrute si attentivement.  Une vie ponctuée de crises, de jeûnes, de diètes rigides.  Le tout noté scrupuleusement dans un agenda et une montagne de journaux alimentaires.   Pour me souvenir, savoir, calculer, planifier…

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Le temps

Qui blesse ou apaise le cœur.

Cette perception teinte inévitablement mes relations.  Incapable d’attendre.  Incapable de tolérer le silence, l’absence.  Ce qui vous paraît court, me semble une éternité.  Incapable de ne pas appréhender.  Incapable de ne pas être anxieuse.  Tout s’arrête.  Je reste pétrifiée.

On me demande de considérer ma vie en tant que continuité.  Ne plus voir qu’un drame ponctué d’événements malheureux, mais un fil d’événements qui ont forgé une femme forte.  Des événements, même si souvent éprouvants, auxquels j’étais présente, auxquels j’ai participés  et que j’ai pu faire rayonner à ma façon, à travers lesquels j’ai grandi et évolué.

On me demande finalement d’utiliser le temps pour espérer des jours meilleurs.  On me demande de réfléchir à une question, que je vous pose ce soir: que ressentiriez-vous si vous vous trouviez encore au même point dans 5 ans?

C’est simple et bête…

Pourtant si lourd.

Ma réponse n’est pas rose…

Me donne envie de bouger.

Je vous laisse y réfléchir…

Si vous voulez en lire davantage:

« Choisir qui on aime – de la dépendance à l’autonomie » par Howard M. Halpern

http://www.renaud-bray.com/Livres_Produit.aspx?id=731351&def=Choisir+qui+on+aime%2cHALPERN%2c+HOWARD%2c276192259X

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