De l’autre côté

Trouble alimentaire – Confortable maladie

La motivation…

Il y a celle du premier pas.  On peut chercher de l’aide à cause de la pression de ceux qui nous aiment ou d’un ultimatum.  On peut vouloir se guérir parce que l’on a des symptômes physiques.  Pour éviter l’hospitalisation ou sortir de l’hôpital.  On peut aussi décider de le faire pour soi, parce qu’on en a assez de ce mode de vie.  On se sent au fond de l’abîme.  On ne reconnaît plus cette personne qui nous fixe dans le miroir.  On croit qu’il y a mieux, de l’autre côté.

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Les raisons et le niveau de motivation fluctuent également.  On peut commencer un traitement suite à la pression des autres mais poursuivre pour soi.  La guérison n’est pas linéaire, je le lis partout.  Des bons et des mauvais jours.  Cela se traduit par le désir de guérir, et je dois être honnête, l’envie d’y replonger parfois… Souvent.

J’ai publié une définition de la guérison sur le compte Facebook du blog…  Mes pensées se sont arrêtées sur: « When you are recovered, you do not use eating disorder behaviors to deal with, distract from or COPE WITH other problems. »

Ne plus utiliser le trouble alimentaire pour gérer, affronter ses problèmes, ses émotions.  J’y aspire, mais j’éprouve une grande ambivalence.  Mon trouble alimentaire me permet de gérer ma vie, à ma façon.

Je le sais, je me connais.  Je nous observe, lui et moi, depuis tellement d’années.  Mon monstre se porte tout comme mes émotions et je les connais, les émotions dangereuses. La déception et le rejet.  Mes deux bêtes noires, qui font ressurgir le monstre, cet ami. Toute cette ambivalence vient de là, quand ces émotions m’envahissent, le monstre vient à mon secours.  Il est de mon côté, un bref instant.  Je suis consciente que c’est probablement la voix de la maladie, mais c’est ainsi que je vis les émotions.  TO COPE WITH…  Pour gérer, traverser, surmonter, encaisser.

Étrangement, je ressens cette ambivalence lors des journées plus douces.  Quand je suis plus calme, sans drame dans ma vie.  Ce que j’appelais jadis jour 2 ou 3.  Les crises sont passées, je me sens encore en contrôle et je m’aime bien.  Je vis bien avec le monstre.  Un temps mort, une trêve, le désir du statut quo.

Pour la motivation, ces plateaux sont difficiles.  Lorsqu’on est au fond du baril, on veut rebondir, guérir.  Mais lors des journées plus calmes, il faut tout de même continuer.  Brasser les émotions, manger, même si je n’ai pas faim.  Cette fameuse prescription alimentaire.  Quand je suis calme et en contrôle, c’est la guérison qui n’a plus de sens.

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Lorsque j’ai commencé à consulter, je le faisais pour tenter d’éliminer des comportements que je considérais comme malsains, toxiques, qui m’empoisonnaient la vie et qui altéraient mon quotidien.  Je voulais m’en débarrasser.  J’ai réussi à éliminer les plus destructeurs et j’en suis fière.  Somme toute, mon quotidien est plus calme; mélange de psychologie, nutrition, alimentation et médication.  Un cocktail qui me garde dans un état assez confortable je dois dire…  On me dit maintenant de chercher ce que je pourrais gagner à guérir.  C’est abstrait pour moi.

Soyons honnête, j’ai diminué les pires comportements, j’aime mon poids, je mange davantage, mais pas trop.  Je sens que j’ai atteint un équilibre fragile où je suis bien.  Je cohabite mieux avec la maladie.  Alors pourquoi continuer?  Pourquoi manger plus, reprendre plus?  On me dit que ce sera encore mieux après…  On me dit que les comportements reviendront, que cet équilibre est trop fragile.  On me répète que c’est encore la voix de la maladie.  Je ne sais pas, on me parle d’un monde dont je ne connais rien.

Il y a donc la motivation de commencer, mais également celle de continuer.  Celle qui demande de l’investissement, de la persévérance.  La motivation de continuer quand la poussière est retombée, quand on est encore malade, mais plus serein.  Quand certains comportements nous ont quittés, mais que l’on trouve encore tellement de certains bénéfices en la maladie.

Peu importe la raison  qui vous amène sur ce blog, vous y êtes. Curieux, en questionnement, souffrants…  Peut-être que vous accompagnez quelqu’un aussi.  Cette raison est importante.  L’identifier et se la remémorer peut servir de tremplin vers la guérison ou si, comme moi, vous marchez sur place, à vous motiver à nouveau.

Il paraît que le ciel est bleu de l’autre côté.  Il paraît que derrière la maladie, il y a un autre nous, d’autres moyens.

TO COPE WITH…

La vie.

Autrement.

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