1 à 0 (pour lui)

Manger à nouveau OU La violence de l’émotion

J’entends souvent que cheminer consiste en « deux pas en avant, un pas en arrière ».  Ce texte parle d’un pas en arrière.  Déprime?  Non…  Espoir. Réalisme.  On avance tout de même…

 

Nourrir le corps pour alimenter le cœur.

C’est joli, poétique même.

Je n’y croyais qu’à moitié.

Puis, cette semaine, j’ai essayé.  Pendant quatre jours, j’ai mangé selon la prescription alimentaire de ma nutritionniste et j’ai évité les comportements compensatoires de tout genre.  Trois repas et trois collations par jour, systématiquement.  Le B-A…BA de l’alimentation.  La base.

Mon corps et mon cœur ont été foudroyés.

Littéralement.

L’effet a été violent.

Plus intense chaque jour.

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Je me suis sentie agressée, assaillie, par les émotions, l’angoisse de rependre du poids et…  Les crises.  J’ai passé les derniers jours à faire des tentatives alimentaires et…  Résultat?  À être en crise et à pleurer toutes les larmes de mon corps.  Toute cette peine, sans cause précise.  Juste…  Les émotions qui rattrapent, qui reprennent leur place.  Une douleur viscérale.  Qu’on ne peut ni nommer ou identifier avec précision, mais qui gruge au plus profond du cœur, du corps.  Des pleurs sentis, douloureux.  Des pleurs forts et bruyants, incontrôlables.  Le corps qui tremble.  La respiration qui coupe.  Les sanglots qui étouffent.

Puis, dans toute cette tourmente, je me suis pesée.  Je me suis pesée et j’ai sauté pour m’éloigner de la balance.  La bouée, je l’avais lâchée (Bella).

Cette aventure s’est terminée à la clinique alimentaire, recroquevillée au fond d’un fauteuil, à sangloter et pester contre ma vie, mon corps, mon métabolisme si différent des autres.  Si la privation me cause des crises, les prises alimentaires les ont décuplées.  Alors je l’ai dit…  Haut et fort!  Cette pensée irrationnelle encrée si profondément en moi:

« Si je dois choisir entre TOUT ou RIEN, ce sera RIEN! »

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L’HORREUR!

Choisir la maladie!

On me rassure.  On me dit que c’est normal.  Une étape à franchir.  Les crises alimentaires augmentent avec la nourriture.  Manger fait manger et le corps se battra tant qu’il n’aura pas atteint son poids biologique (Bella).  Même plein, l’estomac crie.  Les crises émotionnelles, elles, viennent de l’esprit qui s’active à nouveau.  Une tempête affective.  Les émotions sont ravivées, ressuscitées.  Elles réapparaissent plus fortes que jamais.  On les ressent à travers tout son être.  J’ai senti à quel point cette privation de nourriture me coupe du ressenti, des souffrances du cœur.  Nourrir le corps pour alimenter le cœur.  Je l’ai vécu alors j’ai compris…

Sur la bonne voie me dit-on.  Il faut poursuivre.  Manger, pleurer, ressentir…  Pour vivre et traverser cette tempête.  Pour rallumer la flame, ramener la lumière.

Et je n’ai pas pu…

J’ai eu besoin d’un moment de répit, d’une pause.  J’ai eu besoin de cette atroce privation pour retomber à mon état grisé, neutre.  Pour souffler un instant.  Comme on prend un temps d’arrêt, de repos, entre deux efforts physiques.  Lorsqu’une première tentative échoue et qu’on se laisse un moment d’accalmie avant d’essayer à nouveau.

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Ça me trouble…  Me reposer de la nourriture pour tenter de manger plus tard.  À quel point cette dernière phrase est anormale, surréaliste.  1 à 0 pour le monstre.  Ces mots, ce texte, me font réaliser à quel point la maladie est envahissante.  À quel point la voix du trouble alimentaire a emprise sur moi.

Cette voix…

Jusqu’à tout récemment, je considérais les lendemains de crises comme « jour 1 ».  On recommence à neuf.  On jeûne quelques jours et on s’alimente normalement après. Simplement.  Les meubles sont sauvés, on se contrôle et ça ne reviendra plus.

Ça revient!

« Jour 1 » n’existe pas.

Je ne veux plus de ce cycle.  Je ne veux plus du millième « jour 1 ».  Je veux le jour 1000 et ce jour est de l’autre côté de la tempête.  Je devrai affronter l’océan, les vagues qui me ramènent en arrière.  Reprendre cette prescription alimentaire et y faire face.  Affronter les émotions, lâcher la bouée.

 Je veux les croire, y croire.

Je veux voir la lueur.

Je veux l’autre côté.

 

 

 

4 réflexions sur “1 à 0 (pour lui)

  1. Il y a toujours des moments plus difficiles que d’autres, peu importe la raison, peu importe la situation. Un pas à la fois, à ton rythme, tu traverseras la tempête ! Et si tu as besoin d’une oreille de plus pour t’écouter ou d’une épaule de plus pour pleurer, ou tout simplement une piscine pour venir te changer les idées…. tu sais que je suis là n’importe quand! XxxXxxX

    Aimé par 1 personne

    1. Merci de prendre le temps…

      Briser les cycles est tellement difficile. Que ce soit de la privation, de la compulsion ou les deux… On le sait, mais on ne peut pas. On se dit que c’était la dernière fois, on ne le refera plus… Et ça revient, pour tellement de facteurs.

      Il faut continuer… Y croire. 😉

      Reprendre une alimentation »normale » un lendemain de crise est le plus dure pour moi. Une journée à la fois.

      Bonne chance!
      Merci de me lire, de m’écrire!
      Je l’apprécie, vraiment!
      Xxxx

      J'aime

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