Là d’où je viens

Mes racines, mon trouble alimentaire – Revivre le passé pour vivre à nouveau

« Pourquoi? »

Cette question, posée lors d’une rencontre ouverte, j’en parle dans « 20 grammes ».  Elle revient de façon récurrente dans les témoignages, les groupes, dans ma tête.  Je n’ai pas trouvé ma vérité mais j’évolue et, tout comme moi, mes questionnements se transforment.  « Pourquoi? » devient « d’où? ».  Si le monstre vit en moi.  Si nous ne formons qu’une seule entité.  Si je cherche à comprendre d’où IL origine. Je dois comprendre d’où JE viens.

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Là d’où je viens…

Je viens de la violence et de l’agressivité.  Je viens de la peur et de l’appréhension.  Je viens de la vulnérabilité qui subit honteusement.  Je viens de l’humiliation répétée, tolérée, excusée.  Je viens du verre éclaté, des murs explosés, des cœurs brisés.  Je viens de la manipulation, du mensonge.  Je viens de la tromperie, de la suspicion. Je viens de la crainte de l’autre.  Je viens de l’inexcusable trop souvent pardonné.  Je viens de la beauté démesurée, valorisée.  Je viens du regard de l’autre, du jugement.  Je viens des attentes, de l’insatisfaction.  Je viens de l’abandon et de la trahison.  Je viens de cette recherche désespérée de reconnaissance, d’amour.  Je viens de l’autre avant soi.  Je viens du nœud dans l’estomac, du vide à combler.  De ce vécu est née une fillette délicate, apeurée,  devenue femme fragile.  De toute cette brutalité a émergé un monstre insidieux, fourbe, qui attaque sournoisement.

Replonger en moi. Revivre ces émotions si difficiles, lointaines mais si présentes.  Je dois les ressentir afin d’être à nouveau bienveillante à mon égard.  Me reconnecter à mon être pour développer de nouveaux modèles, de nouveaux automatismes, un nouveau discours intérieur.

On dit des victimes du monstre qu’elles tolèrent la souffrance physique et mentale mieux que quiconque.  On dit que nos mécanismes de défense sont si puissants qu’ils nous grugent complètement.  On se protège.  On ne peut plus.  On se braque, on résiste.  On se refuse à nos démons, à tous leurs liens brisés.  Ce qu’on croyait anecdote devient traumatisme. De ces relations conflictuelles nait lors une relation fusionnelle avec un monstre dangereux.  Quand souffrance engendre souffrance.  On n’existe plus.  Je n’existe pas.  Je suis ce trouble.

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Je suis la peur et l’appréhension.  Je suis la tristesse, la mélancolie.  Je suis le passé, le futur, jamais le présent.  Je suis le doute, l’amertume, la culpabilité.  Je suis tant le contrôle que sa perte.  Je suis la crainte des blessures, de la souffrance.  Je suis la honte, le refoulement, le caché.  Je suis la comédie, l’exagération, l’excès.  Je suis la colère, la révolte.  Je suis ce vide à combler.

Nous venons tous de quelque part.  Nous pouvons choisir où nous irons.  On dit que colère engendre action, passage à l’acte.

Je suis aussi amour et espoir.

Je serai guérison et résilience.

2 réflexions sur “Là d’où je viens

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